Fiche

Titre : Le jeune Ahmed
Edition : Belgique, 2019, 1h24
Réalisation : et scénario : Jean-Pierre et Luc Dardenne. Photographie :  Benoît Dervaux. Chef monteur : Marie-Hélène Dozo. Distribution France : Diaphana distribution.

Interprétation :

Idir Ben Addi (Ahmed), Myriem Akheddiou (Inès), Olivier Bonnaud (éducateur principal), Victoria Bluck (Louise).

Auteur

Jean-Pierre (68 ans) et Luc (65 ans) Dardenne sont nés en Belgique près de Liège. Très tôt ils sont les assistants d’Armand Gatti et réalisent des courts métrages sur les cités ouvrières. La consécration vient en 1999 avec Rosetta (palme d’or à Cannes), puis avec L’enfant (également palme d’or). 45 films sont à leur actif dont le jeune Ahmed, présenté à Cannes en 2019

Résumé

Dans la banlieue de Bruxelles, le jeune Ahmed, 13 ans, est pris entre les idéaux religieux inculqués par son imam et son désir de vivre.

Analyse

Alors qu’il vit dans une famille musulmane intégrée, le jeune Ahmed arrête, du jour au lendemain, de jouer à la Play Station, retire les posters de sa chambre et se met à faire ses ablutions, à prier plusieurs fois par jour et à fréquenter assidûment la mosquée. Il sermonne sa mère, alcoolique et sa sœur habillée ‘comme une pute’. Assistant au cours de soutien scolaire de sa professeure Madame Inès, il refuse désormais de lui serrer la main. Et lorsque son imam traite d’apostat qu’il faut châtier cette professeure désireuse d’enseigner l’arabe à ses élèves à travers des chansons populaires et pas seulement à travers le Coran, Ahmed le prend au mot. Il tente de tuer Madame Inès. La suite se déroule dans un centre de rééducation pour mineurs et aussi dans une ferme, où Ahmed rencontre une gamine de son âge, Louise, à qui il plaît, et qui le trouble.
C’est terrible et effrayant d’observer ce jeune garçon, le visage encore poupin mais buté, sous ses boucles brunes et derrière ses lunettes sages. Idir Ben Addi, dans le rôle d’Ahmed est d’une justesse remarquable, et tout le casting est, comme toujours avec les frères Dardenne, impeccable. ‘Quels que soient les personnages -- sa professeure, la mère, le frère, la sœur, l’éducateur, le juge, la psychologue du Centre fermé, l’avocat, les propriétaires de la ferme et leur fille Louise -- aucun ne réussit à entrer en communication avec le noyau dur, mystérieux, de ce garçon prêt à tuer sa professeure au nom de ses convictions religieuses’, expliquent les cinéastes. Ce qui est angoissant dans ce film, c’est de voir le mal à l’œuvre chez un enfant, l’impossibilité d’un retour en arrière. On se heurte à un mur et la faille que l’on pourrait apercevoir à la fin n’est pas convaincante.
Jean Wilkowski