Fiche

Titre : The Dead Don't Die
Edition : Etats-Unis, 2019, 1h43
Réalisation : et scénario : Jim Jarmusch ; montage : Alfonso Goncalves ; images : Frederick Elmes.

Interprétation :

Bill Murray (Cliff Robinson, le shérif) ; Adam Driver (Ronnie Peterson, l'adjoint) ; Tilda Swinton (Zelda Winston, l'extraterrestre), Chloé Sevigny (Mindy Morrisson, la policière).

Auteur

Jim Jarmusch fait ses études à New York University en section Cinéma. Son film de fin d'études Permanent Vacation (1980) connaît déjà un certain succès dans des festivals. Puis Jarmusch devient l'assistant de Wim Wenders pour son film Nick's Movie. En 1984, Stranger Than Paradise obtient la Caméra d'Or au Festival de Cannes et le Léopard d'or au Festival de Locarno. Avant la sortie de The Dead Don't Die, le réalisateur s'était déjà fait remarquer à Cannes avec un superbe film de vampires : Only Lovers Left Alive (2014).

Résumé

Dans la petite ville de Centerville, quelque chose cloche. Au cours de la ronde de la voiture de police à la recherche d'un voleur de poules, la nuit refuse de tomber et les animaux présentent des comportements bizarres. La radio explique qu'un basculement de l'axe des pôles s'est produit et affecte l'équilibre journalier. Mais, à Centerville, il a des conséquences plus radicales : il réveille les morts...

Analyse

Centerville est une bourgade bien tranquille avec un bar où les consommateurs ne manquent pas, un shérif en voiture de police, son adjoint en Smart rouge décapotable, et une policière de taille imposante qui roule en Prius. Mis à part ces accents de modernité le film est conduit comme un western avec un shérif vieux sage, un adjoint prenant à cœur ses fonctions, une policière sans beaucoup de personnalité. Mais ce qui est surprenant ce sont les nombreuses références à tous les genres du cinéma américain. Chacun s'amusera à en déchiffrer les clefs, à reconnaître certains films, car malgré les images de morts-vivants voraces et de cadavres sanguinolents, le film ne manque pas d'humour.
La police doit se résoudre à affronter ces mangeurs d'hommes qui se multiplient très rapidement, puisqu'en vingt minutes environ, une personne bien portante mordue par un zombie devient zombie à son tour. Les retrouvailles de la policière et de sa grand-mère zombie feront rapidement passer la première dans le clan de l'autre. Le voleur de poules à la lisière du bois qui couronne le bourg, observe le tout avec ses jumelles, ce qui nous laisse supposer qu'il pourra survivre quelque temps.
« Ça va mal finir » avait prédit le jeune adjoint en assurant qu'il avait lu le script du film... Les morts-vivants sont d'insatiables adeptes de la société de consommation. « Vous avez bien droit à... » nous assènent de nombreuses publicités. Le réalisateur semble, lui, nous laisser conclure que la recherche frénétique de la satisfaction de tous nos désirs est une contamination qui mène notre société droit dans le mur.
Un film d'horreur et d'hémoglobine rendu avec détachement, ironie et humour.
Nicole Vercueil