Fiche

Titre : 90’s (Mid 90’s)
Edition : - Etats Unis, 2019, 1h24
Réalisation : et scénario : Jonah Hill. Photographie : Christopher Blauvelt. Montage : Nick Houy. Musique : Trent Reznor. Distribution France : Diaphana distribution.

Interprétation :

Sunny Suljic (Stevie), Lucas Hedge (Ian), Na-kel Smith (Ray), Katherine Waterston (la mère).

Auteur

Jonah Hill est né à Los Angeles en 1983. Il y passe sa jeunesse puis va étudier l’art dramatique à New York. Il débute une carrière d’acteur en 2004, d’abord dans de petits rôles comiques puis dans des films plus aboutis comme Le loup de Wall street (Martin Scorcese 2013) ou War dog (Todd Phillips 2016). 90’s est son premier long métrage.

Résumé

Los Angeles (Etats-Unis), milieu des années 1990. A 13 ans, Stevie est un gamin petit pour son âge. Sa mère, célibataire, est affectueuse mais peu présente. Et son frère qu’il admire profondément le frappe à la moindre occasion. Le jour où il réussit à se faire adopter par une bande de skateurs baba cool mais charismatiques, sa vie prend enfin une tournure plus intéressante.

Analyse

Les films réussis sur l’adolescence ne sont pas légion et on ne peut voir le jeune Stevie sans penser à l’Antoine Doinel des 400 coups. Comme pour le film de Truffaut, 90’s repose sur les épaules de l’excellent acteur qui interprète Stevie. Les autres jeunes acteurs débutants, recrutés pour la plupart en casting sauvage pour leur aisance au skate, sont eux aussi  plein de vérité. Le parcours initiatique de Stevie n’est pas sans embûches, entre sa famille qu’il aime mais où il se sent mal accepté et ses nouveaux copains, plus âgés et de toutes les communautés, blanche, noire et mexicaine. Car ces derniers l’entraînent vite dans des aventures risquées : longues scènes acrobatiques de skate, initiation à la cigarette, à la bière puis à l’alcool et à la drogue, éveil sexuel  pudique mais savoureux avec une fille plus âgée.  90’s est aussi une peinture éblouissante du Los Angeles des années 1990, les années d’adolescence du réalisateur et on ne peut s’empêcher d’y voir un côté autobiographique. Les dialogues sont savoureux, en argot incompréhensible (pour nous !) avec des phrases entrecoupées de nombreux ‘fuck’ !  Pour se rapprocher des années 90, le réalisateur a choisi un format 4:3 ainsi que le noir et blanc qui conviennent très bien aux paysages minéraux urbains et aux plans moyens des scènes de groupe. On sent aussi la main du réalisateur dans l’excellent choix de la musique des années 90, surtout du hip-hop, qui accompagne ce film à la fois énergique et émouvant.
Jean Wilkowski